Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

QUEBEC CANADA

Publicité

l'Ile verte

 

 

Lire en l'île

Marie Claude Fortin

La Presse

Collaboration spéciale

La plus petite ville du Québec est une île du Saint-Laurent, située à une trentaine de kilomètres à l'est de Rivière-du-Loup. Vingt-huit personnes qui y vivent en permanence, à tout casser. Environ 200 résidences secondaires habitées quasi exclusivement en été. Quelques gîtes, un restaurant qui fait aussi dépanneur, une petite église et un cimetière.

Pour se rendre à l'île Verte, du début mai au début novembre, il faut emprunter un petit traversier dont l'horaire varie selon le caprice des marées. Quand le traversier cesse ses activités, il reste l'hélicoptère. Un passager à la fois. Ou le pont de glace qui se forme au plus froid de l'hiver. Il reste la tranquillité, le silence, et une poignée de résidants, prêts à résister à l'hiver et à survivre à l'isolement.

Minuscule mais si importante


'); //-->


Sur l'île Verte, il n'y a pas de poste d'essence, pas de banque ni guichet automatique, pas d'école (la dernière a fermé en 1984), pas d'hôpital (il n'y a qu'un dispensaire), pas d'épicerie (on livre par bateau), pas de cinéma, ni de magasin.

Mais il y a une bibliothèque. Une minuscule bibliothèque nichée dans l'ancienne école du Bout d'en haut, située sur l'unique route de terre de 12 km qui traverse le versant sud d'un bout à l'autre de l'île. Ouverte à l'année. Les mardis, de 2h30 à 3h30. Ne vous trompez pas d'heure ni de jour!

Dans un local plus petit qu'une classe de maternelle, un pan de mur couvert de rayonnages en métal. Quelques magazines, des vidéos (en VHS), un petit rayon jeunesse pour les membres du Club de lecture, en été. Et une grande table qui sert aussi aux réunions du conseil municipal, avec lequel la bibliothèque partage l'espace. C'est tout petit, mais chaleureux et pittoresque!

Maryse Dickner, une Verdoyante (c'est ainsi que l'on nomme les gens de l'île) d'adoption, est celle qui a pris en charge cette bibliothèque créée en 1992, succédant à Lucille Vien, une autre bénévole amoureuse des livres.


Le bon temps


«Au départ, raconte Maryse Dickner (lointaine cousine de Nicolas), la bibliothèque était située dans une maison privée. Puis on l'a transférée au presbytère. C'était le bon temps, ça marchait fort! On y servait le café et des biscuits. Les gens de l'île y venaient autant pour emprunter des livres que pour jaser.»

Inaugurée en 1992 avec huit caisses de livres provenant en grande partie de dons privés, la bibliothèque de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (du nom canonique de l'île Verte) est membre du Réseau biblio du Bas-Saint-Laurent.

Les premières années, on effectuait quatre «rotations» par année. Quatre fois l'an, le Réseau biblio renouvelait le stock de livres. Les bénévoles devaient eux-mêmes se charger d'acheminer les caisses «de l'autre côté», sur la terre ferme. Une expédition, en hiver! Pendant un certain temps, la traversée se faisait en traîneau à chiens!

En devenant responsable, il y a cinq ans, Maryse Dickner est allée chercher le soutien de la bibliothèque régionale. On a augmenté le volume de livres, et réduit le nombre de «rotations» à deux, que l'on fait coïncider avec les mois où le transport est possible.


Les fidèles


L'hiver venu, la bibliothèque continue d'être fréquentée par quelques habitués, de rares «fidèles» qui habitent l'île à l'année. «Les films sont davantage populaires en période hivernale, souligne Maryse Dickner. Les documentaires et les périodiques sont les plus en demande. Et les nouveautés, en roman. Mais en général, je dirais que l'on cherche des livres davantage pour s'instruire que pour s'évader.»

En ce moment, grands changements : on est en train d'informatiser la bibliothèque. André Louis Néron, propriétaire de La Maison d'Agathe, le restaurant voisin, vient prêter main-forte.

Maryse Dickner insiste, cette bibliothèque n'existerait pas sans l'aide des bénévoles, qui ont tout fait : «de la peinture sur les murs aux rayonnages». C'est entre autres pour eux que, l'hiver venu, quand la visite est partie, l'île désertée, les seuls moyens de locomotion limités à la motoneige, on garde la bibliothèque ouverte.


 

 
'); //-->
 


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0