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QUEBEC CANADA

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Ecologie : Québec veut bannir les bonbonnes de 15 litres

Le mardi 05 septembre 2006

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Photo archives La Presse

 

Québec veut bannir les bouteilles d'eau de 15 litres

François Cardinal

La Presse

Le gouvernement Charest veut mettre fin à la vente de bonbonnes d'eau de 15 litres, qu'il juge antiécologiques. Devant le refus obstiné de Costco, il menace carrément d'interdire leur distribution.

Selon ce qu'a appris La Presse, des échanges musclés ont eu lieu au cours des derniers mois entre le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, et les deux entreprises à l'origine de ce marché: Amaro et Costco.

Si l'embouteilleur montre une certaine ouverture face aux doléances du ministre, le détaillant refuse pour sa part de coopérer en raison de l'importance de ce marché en pleine explosion au Québec et en Ontario.



Le tout a débuté le 8 mai dernier lorsque le ministre a fait savoir aux deux entreprises, par lettre, qu'il jugeait très négativement le virage du jeter après usage. Depuis l'hiver dernier, Amaro vend par l'entremise de Costco de nouvelles bouteilles d'eau de 15 litres qu'il est impossible de remplir.

«Cela constitue à nos yeux un recul en matière de protection de l'environnement et des ressources naturelles», déplore le ministre dans sa missive. Il précise que les bonbonnes à remplissages multiples de 11 et 18 litres sont réutilisées jusqu'à 70 fois, tandis que les nouvelles bouteilles vont souvent à la poubelle après une seule utilisation.

«Cette démarche va à l'encontre du développement durable et des principes sous-jacents à une gestion écologique des matières résiduelles, précise-t-il. Je vous invite donc à reconsidérer la situation, sachant qu'une éventuelle intervention réglementaire pourrait rendre ce marché moins attrayant.»


Une consigne?


Joint par téléphone hier, le cabinet Béchard a précisé que deux solutions étaient sur la table: l'imposition d'une consigne de 10 ou l'interdiction pure et simple de cette bouteille pour refroidisseur. «Le ministre prendra une décision selon la rapidité de l'une et l'autre des deux approches, a indiqué son porte-parole, Pascal D'Astous. Il souhaite présenter une réglementation au Conseil des ministres dès cet automne.»

La Presse a tenté sans succès de mettre la main sur les réponses d'Amaro et de Costco. Pour des raisons de confidentialité, le cabinet refuse de les divulguer.

Cela dit, une source au ministère a indiqué que Costco refuse carrément d'entendre l'appel du ministre. Plutôt que de reconnaître l'existence d'un problème environnemental, le détaillant se ferait plutôt le chantre de cette bouteille qu'il juge «écologique».

«Costco répond simplement qu'en raison de l'accueil on ne peut plus favorable que lui a réservé les clients, il continuera à en vendre, a-t-on expliqué. Il met de l'avant que le contenant est plus léger, que son transport nécessite moins d'essence et que les clients peuvent le mettre dans leur bac de recyclage après utilisation.»


Des bouteilles encombrantes


Or, dans sa lettre, le ministre Béchard précise justement que les villes ne sont pas équipées pour recevoir ces contenants presque aussi gros qu'un bac à recyclage. «Les systèmes municipaux de collecte sélective pourraient ne pas les accepter, en raison de l'encombrement qu'ils créent dans les bacs et de leur incompatibilité avec les systèmes de tri et de mises en ballot», écrit-il.

Amaro, pour sa part, se fait plus conciliant. Selon notre source, il reconnaît que ce contenant a des faiblesses sur le plan environnemental, mais il précise qu'il a choisi d'occuper la niche uniquement pour ne pas la laisser à ses concurrents. Il donne ainsi son appui à l'encadrement du marché des bouteilles de 15 litres.

Ce faisant, il marche dans les pas du Conseil canadien de distribution alimentaire. En réponse à une lettre du ministre Béchard, cet organisme se dit aussi d'accord avec les doléances exprimées. Il soutient que plusieurs de ses membres, comme Metro, Loblaws et Sobeys, ont d'ailleurs choisi de ne pas vendre ces bouteilles.

«Le Conseil comprend parfaitement le problème, ce qui n'est pas rien: il représente 80% de la distribution alimentaire au Québec», note notre source.

Cette nouvelle bouteille de 15 litres provient d'une technologie italienne déjà très répandue en Ontario. Les experts soutiennent qu'elle fait fureur là-bas parce qu'elle répond très bien aux besoins de presque tout le monde. Le client, qui rechigne à acheter une bouteille égratignée et à payer une consigne de 10. Et l'épicier, qui voit d'un mauvais oeil la manutention bénévole de ces grosses bouteilles.

Il a été impossible de joindre Amaro et Costco, hier, jour férié.


 

 

 

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François Cardinal

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Le gouvernement Charest veut mettre fin à la vente de bonbonnes d'eau de 15 litres, qu'il juge antiécologiques. Devant le refus obstiné de Costco, il menace carrément d'interdire leur distribution.

Selon ce qu'a appris La Presse, des échanges musclés ont eu lieu au cours des derniers mois entre le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, et les deux entreprises à l'origine de ce marché: Amaro et Costco.

Si l'embouteilleur montre une certaine ouverture face aux doléances du ministre, le détaillant refuse pour sa part de coopérer en raison de l'importance de ce marché en pleine explosion au Québec et en Ontario.



Le tout a débuté le 8 mai dernier lorsque le ministre a fait savoir aux deux entreprises, par lettre, qu'il jugeait très négativement le virage du jeter après usage. Depuis l'hiver dernier, Amaro vend par l'entremise de Costco de nouvelles bouteilles d'eau de 15 litres qu'il est impossible de remplir.

«Cela constitue à nos yeux un recul en matière de protection de l'environnement et des ressources naturelles», déplore le ministre dans sa missive. Il précise que les bonbonnes à remplissages multiples de 11 et 18 litres sont réutilisées jusqu'à 70 fois, tandis que les nouvelles bouteilles vont souvent à la poubelle après une seule utilisation.

«Cette démarche va à l'encontre du développement durable et des principes sous-jacents à une gestion écologique des matières résiduelles, précise-t-il. Je vous invite donc à reconsidérer la situation, sachant qu'une éventuelle intervention réglementaire pourrait rendre ce marché moins attrayant.»


Une consigne?


Joint par téléphone hier, le cabinet Béchard a précisé que deux solutions étaient sur la table: l'imposition d'une consigne de 10 ou l'interdiction pure et simple de cette bouteille pour refroidisseur. «Le ministre prendra une décision selon la rapidité de l'une et l'autre des deux approches, a indiqué son porte-parole, Pascal D'Astous. Il souhaite présenter une réglementation au Conseil des ministres dès cet automne.»

La Presse a tenté sans succès de mettre la main sur les réponses d'Amaro et de Costco. Pour des raisons de confidentialité, le cabinet refuse de les divulguer.

Cela dit, une source au ministère a indiqué que Costco refuse carrément d'entendre l'appel du ministre. Plutôt que de reconnaître l'existence d'un problème environnemental, le détaillant se ferait plutôt le chantre de cette bouteille qu'il juge «écologique».

«Costco répond simplement qu'en raison de l'accueil on ne peut plus favorable que lui a réservé les clients, il continuera à en vendre, a-t-on expliqué. Il met de l'avant que le contenant est plus léger, que son transport nécessite moins d'essence et que les clients peuvent le mettre dans leur bac de recyclage après utilisation.»


Des bouteilles encombrantes


Or, dans sa lettre, le ministre Béchard précise justement que les villes ne sont pas équipées pour recevoir ces contenants presque aussi gros qu'un bac à recyclage. «Les systèmes municipaux de collecte sélective pourraient ne pas les accepter, en raison de l'encombrement qu'ils créent dans les bacs et de leur incompatibilité avec les systèmes de tri et de mises en ballot», écrit-il.

Amaro, pour sa part, se fait plus conciliant. Selon notre source, il reconnaît que ce contenant a des faiblesses sur le plan environnemental, mais il précise qu'il a choisi d'occuper la niche uniquement pour ne pas la laisser à ses concurrents. Il donne ainsi son appui à l'encadrement du marché des bouteilles de 15 litres.

Ce faisant, il marche dans les pas du Conseil canadien de distribution alimentaire. En réponse à une lettre du ministre Béchard, cet organisme se dit aussi d'accord avec les doléances exprimées. Il soutient que plusieurs de ses membres, comme Metro, Loblaws et Sobeys, ont d'ailleurs choisi de ne pas vendre ces bouteilles.

«Le Conseil comprend parfaitement le problème, ce qui n'est pas rien: il représente 80% de la distribution alimentaire au Québec», note notre source.

Cette nouvelle bouteille de 15 litres provient d'une technologie italienne déjà très répandue en Ontario. Les experts soutiennent qu'elle fait fureur là-bas parce qu'elle répond très bien aux besoins de presque tout le monde. Le client, qui rechigne à acheter une bouteille égratignée et à payer une consigne de 10. Et l'épicier, qui voit d'un mauvais oeil la manutention bénévole de ces grosses bouteilles.

Il a été impossible de joindre Amaro et Costco, hier, jour férié.


 

 

 

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