QUEBEC CANADA
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Le mardi 01 mai 2007
![]() L'Îlot voyageur. |
Gouffre financier: la direction de l'UQAM rencontre la ministre
Malorie Beauchemin et Denis Lessard
La Presse
Aux prises avec un gouffre financier qui pourrait atteindre des centaines de millions, l'UQAM a reporté une séance extraordinaire de son conseil d'administration qui devait traiter de ces problèmes pour tenir au préalable une rencontre avec la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
Convoquée à la dernière minute hier, la réunion doit avoir lieu aujourd'hui et permettre à la ministre, nommée à ce poste depuis moins de deux semaines, de «faire la lumière sur le dossier», a expliqué l'attaché de presse de Mme Courchesne, Jean-Pascal Bernier.
À Montmagny, où elle était hier en caucus du Parti libéral, la ministre a affirmé qu'elle réservait ses commentaires pour une conférence de presse au sujet de l'UQAM avant la fin de la semaine.
Le conseil d'administration de l'UQAM devait se rencontrer hier soir en séance extraordinaire afin de faire le point sur la situation financière, le budget de fonctionnement, les projets d'immobilisation et différentes pistes de solutions.
À l'automne, on apprenait que la construction du complexe des sciences de l'établissement avait engendré un trou financier de plus de 100 millions. Après cela, la direction - renouvelée après la démission du recteur Roch Denis - avait promis de surveiller de près les travaux en cours de l'îlot Voyageur, qui doit contenir salles de classe, résidences, espaces de bureau et stationnements.
Mais en février dernier, devant la commission permanente de l'éducation de l'Assemblée nationale, à Québec, la rectrice par intérim, Danielle Laberge, révélait que le projet n'est plus jugé rentable et doit être revu.
Dans les coulisses, des sources indiquent que le déficit total de l'UQAM pourrait atteindre les 500 millions de dollars si on inclut la note du complexe des sciences et le déficit d'opération au trou causé par l'investissement à l'îlot Voyageur.
L'UQAM n'a pas bouclé ses états financiers 2005-2006, étant toujours en négociations avec le ministère de l'Éducation pour le versement d'une subvention de 28,6 millions, conditionnelle à un équilibre budgétaire. Or, l'établissement est en déficit depuis 2004-2005. L'exercice financier de 2006-2007 prendra fin le 30 mai, et rien n'est toujours réglé. En février, Mme Laberge annonçait que le déficit cumulé à cette date atteindrait 45 millions.
En décembre et en janvier, les firmes de notation DBRS et Moody's avaient toutes deux baissé la cote de crédit de l'UQAM, vu sa situation financière périlleuse. Récemment, l'UQAM a décidé de se départir de cinq immeubles acquis dans les dernières années. Les coûts de rénovation ou d'exploitation étaient jugés trop élevés.
Le réseau de l'UQ refuse de payer
Le mardi 01 mai 2007
![]() L'Îlot voyageur. |
Gouffre financier: la direction de l'UQAM rencontre la ministre
Malorie Beauchemin et Denis Lessard
La Presse
Aux prises avec un gouffre financier qui pourrait atteindre des centaines de millions, l'UQAM a reporté une séance extraordinaire de son conseil d'administration qui devait traiter de ces problèmes pour tenir au préalable une rencontre avec la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
Convoquée à la dernière minute hier, la réunion doit avoir lieu aujourd'hui et permettre à la ministre, nommée à ce poste depuis moins de deux semaines, de «faire la lumière sur le dossier», a expliqué l'attaché de presse de Mme Courchesne, Jean-Pascal Bernier.
À Montmagny, où elle était hier en caucus du Parti libéral, la ministre a affirmé qu'elle réservait ses commentaires pour une conférence de presse au sujet de l'UQAM avant la fin de la semaine.
Le conseil d'administration de l'UQAM devait se rencontrer hier soir en séance extraordinaire afin de faire le point sur la situation financière, le budget de fonctionnement, les projets d'immobilisation et différentes pistes de solutions.
À l'automne, on apprenait que la construction du complexe des sciences de l'établissement avait engendré un trou financier de plus de 100 millions. Après cela, la direction - renouvelée après la démission du recteur Roch Denis - avait promis de surveiller de près les travaux en cours de l'îlot Voyageur, qui doit contenir salles de classe, résidences, espaces de bureau et stationnements.
Mais en février dernier, devant la commission permanente de l'éducation de l'Assemblée nationale, à Québec, la rectrice par intérim, Danielle Laberge, révélait que le projet n'est plus jugé rentable et doit être revu.
Dans les coulisses, des sources indiquent que le déficit total de l'UQAM pourrait atteindre les 500 millions de dollars si on inclut la note du complexe des sciences et le déficit d'opération au trou causé par l'investissement à l'îlot Voyageur.
L'UQAM n'a pas bouclé ses états financiers 2005-2006, étant toujours en négociations avec le ministère de l'Éducation pour le versement d'une subvention de 28,6 millions, conditionnelle à un équilibre budgétaire. Or, l'établissement est en déficit depuis 2004-2005. L'exercice financier de 2006-2007 prendra fin le 30 mai, et rien n'est toujours réglé. En février, Mme Laberge annonçait que le déficit cumulé à cette date atteindrait 45 millions.
En décembre et en janvier, les firmes de notation DBRS et Moody's avaient toutes deux baissé la cote de crédit de l'UQAM, vu sa situation financière périlleuse. Récemment, l'UQAM a décidé de se départir de cinq immeubles acquis dans les dernières années. Les coûts de rénovation ou d'exploitation étaient jugés trop élevés.
Le réseau de l'UQ refuse de payer
Dans le réseau des Universités du Québec, chez le président Pierre Moreau, on indique qu'il est hors de question que l'ensemble des établissements épongent les déficits accumulés par l'UQAM.
Déjà en décembre dernier, M. Moreau avait réclamé de l'UQAM un rapport précis sur la situation financière. Le rapport se fait toujours attendre cinq mois plus tard, a dit la directrice des communications du réseau, Valérie Reuillard.
«On avait demandé un bilan sur le complexe des sciences, les émissions d'obligation, le financement, la marge de crédit» résume-t-elle.
En décembre «on entendait que la mise en tutelle était hors de question» soulignait hier Mme Reuillard. Hier, elle était bien moins catégorique. «Il faut avoir un état de situation réelle, on l'attend pour savoir à quel niveau est le déficit appréhendé, après on pourra réagir», résume-t-elle.
Le président du syndicat des professeurs de l'UQAM, Gaétan Breton, s'est dit soulagé hier de voir le ministère de l'Éducation s'intéresser au dossier. «Il était temps, a-t-il soufflé. Il faut que le gouvernement nous débarrasse de l'épée de Damoclès (l'îlot Voyageur) qui se trouve au-dessus de nos têtes.»
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