| Dans les brumes de Saint-Pierre-et-Miquelon | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | Comment passer un 14 juillet sous le drapeau tricolore sans traverser l’océan lorsqu’on est une journaliste californienne ? Il suffit de se rendre dans le plus septentrional de nos territoires d’outre-mer. Exotisme et Marseillaise garantis ! | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | Le drapeau tricolore flotte sur la place du Général-de-Gaulle par cette matinée brumeuse, tandis que des gendarmes, uniforme bleu impeccable et gants blancs, torse barré d’un fusil, se mettent au garde-à-vous dès que la fanfare entonne La Marseillaise. Nous sommes le 14 juillet. Je suis en France, entourée de Français patriotes, et pourtant, 4 500 kilomètres et un océan me séparent de Paris. Car Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est la France, même si les deux îles se situent à une trentaine de kilomètres au large de la pointe sud de Terre-Neuve. Depuis trois jours, le thermomètre refuse de dépasser les 12 °C et un brouillard bas enveloppe l’île de Saint-Pierre et son port. Mais il faut croire que quelqu’un là-haut doit avoir un faible pour les Français, car, en ce jour de fête nationale, le soleil perce enfin et, vers midi, à l’heure où une bonne part des 6 000 habitants de Saint-Pierre se rassemblent sur la place pour trinquer en l’honneur de la mère patrie, la température a grimpé à 25 °C. Des ballons bleus, blancs et rouges s’élèvent dans le ciel dégagé. Les membres du Rotary et du Lions Club tiennent les baraques à frites. Des hamburgers et des hot-dogs grillent sur les braises. Des enfants aux cheveux méchés de bleu, de blanc et de rouge attendent leur tour devant les manèges. Mais comme nous sommes en France, il y a bien entendu du vin rosé* pour faire passer les hot-dogs, des demi-coquelets* grillés et des gâteaux* à la pelle. Saint-Pierre-et-Miquelon – les deux îles, séparées par une dizaine de kilomètres, forment une entité indissociable – a longtemps été un grand centre de pêche. Saint-Pierre, le chef-lieu, qui abrite la plupart des insulaires, est une ville on ne peut plus française. On y trouve de bons restaurants français servant des escargots et des cuisses de grenouille ; les pâtisseries vendent des croissants ventrus et croustillants à souhait, et les Peugeot, Renault et autres Citroën sillonnent à vive allure les rues étroites creusées de nids-de-poule. Aux tables des restaurants, les clients tirent sur leurs Gauloises. Quand des amis se retrouvent, ils s’embrassent sur les deux joues. Et bien entendu, le français est ici la langue maternelle. Ce n’est pas l’endroit le plus facile à atteindre, ce qui contribue sans doute à expliquer la rareté des hôtels. Pour m’y rendre, j’ai d’abord dû prendre un avion pour New York, puis une correspondance pour Halifax, en Nouvelle-Ecosse canadienne. Le lendemain, j’ai embarqué dans un gros coucou qui assurait la liaison jusqu’à Saint-Pierre. Théoriquement, une voiture de location m’attendait sur place mais le lecteur de carte de crédit du loueur ne fonctionnait pas (ce qui arrive souvent sur l’île) et je n’avais pas d’euros sur moi. Qu’à cela ne tienne, on m’a remis les clés, sans poser la moindre question. J’ai très vite compris que j’allais me sentir bien dans cet endroit improbable qui aime à se faire appeler la “terre insolite”*. Je prends pension à L’Auberge de l’archipel, un bed and breakfast sans prétention comme il en existe tant d’autres ici, installé dans une rue résidentielle de Saint-Pierre et surplombant le port. La chambre est propre mais spartiate : sans téléphone ni téléviseur, l’endroit est juste assez grand pour accueillir un lit et un petit coffre. On m’avait chaleureusement recommandé Chez Hélène, à deux pas de là, qui a l’air un peu plus élégant mais qui affichait complet. Pour goûter à une autre atmosphère, je passe également deux nuits à l’Hôtel-motel Robert sur le front de mer. La réception de cette bâtisse des années 1920 a été transformée en petit musée voué à l’époque bénie de la Prohibition, période pendant laquelle Saint-Pierre était une plaque tournante du trafic d’alcool vers les Etats-Unis. On y voit un chapeau de paille qui aurait appartenu à Al Capone. Je me demande si l’ennemi public numéro un a vraiment séjourné dans cet hôtel. “Oui, oui”*, m’assure la réceptionniste. “Il y a passé une nuit” (en 1927).
| /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | page 1/3 suivante » | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | n° 821 - 27 juil. 2006 | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | DOUCEUR DE VIVRE À BOZBURUN • Un coin d’Anatolie sauvé du tourisme de masse | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | n° 819 - 13 juil. 2006 | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | DANS LES MONTAGNES SAUVAGES DE LA BARBAGIE • Au bonheur des Sardes | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | lire les autres articles voyages / portfolios | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | France | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | /http%3A%2F%2Fwww.courrierinternational.com%2Fimg%2Fespaceur.gif) | | Carnet de route | Y aller Impossible de se rendre directement à Saint-Pierre-et-Miquelon depuis la France. Il faut impérativement faire une étape par Montréal ou Halifax. Depuis ces deux villes, la compagnie d’aviation de l’archipel, Air Saint-Pierre, organise des rotations. En été – de la mi-juin à fin septembre, les samedis et mardis – il vous en coûtera 1 100 dollars canadiens (770 euros) pour un aller-retour depuis Montréal. Depuis Halifax, les liaisons ont lieu été comme hiver trois fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi) et coûtent 556 dollars canadiens (390 euros). Encore faut-il rallier la capitale de la Nouvelle-Ecosse, distante de plus de 1 200 km de Montréal et pour laquelle il n’existe pas de vols directs depuis Paris.
Se loger A Saint-Pierre, le chef-lieu, L’Auberge de l’archipel (tél. : 05 08 41 72 00 ; 19, rue Beaussant), où séjourne la journaliste du Los Angeles Times, est située à quelques minutes du centre-ville, qu’elle surplombe. Cinq chambres vous y attendent pour 50 euros par nuitée (petit déjeuner compris). L’article fait aussi allusion à un autre bed and breakfast, Chez Hélène (tél. : 05 08 41 31 08 ; 15, rue Beaussant). L’endroit possède une vue imprenable sur l’océan et 9 chambres à partir de 40 euros. Enfin, l’article évoque aussi l’Hôtel Robert (05 08 41 24 19 ; 10, rue du 11-Novembre), qui est le plus grand de l’île avec ses 43 chambres et son petit musée de la Prohibition. C’est aussi plus cher : pour une double, comptez de 100 à 150 euros. Sur Miquelon, le Maxotel (05 08 41 64 57) vous propose de louer des studios tout équipés pour 60 euros par jour (petit déjeuner inclus).
Se restaurer Un des attraits de Saint– Pierre–et–Miquelon (pour les touristes nord-américains) est la gastronomie. Ce petit bout de France perdu dans l’Atlantique Nord tient en effet à soigner sa French touch. Sur le front de mer de Saint-Pierre, le LA Times signale La Voilerie, qui mêle cuisine traditionnelle française et poissons et crustacés frais. Plus original, le restaurant de l’auberge Quatre Temps propose une carte où la cuisine française classique voisine avec des plats réunionnais.
À ne pas rater Si vous avez raté la commémoration du 14-Juillet, il vous reste encore une chance d’assister à l’un des événements annuels les plus importants de l’île : la fête basque. Les Basques forment en effet une communauté importante sur l’archipel et leur culture marque encore fortement ces îles. En 2006, cette fête dure du 19 au 27 août et inclut des danses traditionnelles, un hommage au fronton de Saint-Pierre (100 ans cette année) et, bien sûr, un tournoi de pelote basque. | | | |