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QUEBEC CANADA

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PLC

 

 

Le jeudi 24 août 2006

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Bill Graham, chef intérimaire du PLC.
Photo PC

 

Le PLC craint de mourir à petit feu

Joël-Denis Bellavance

La Presse

Ottawa

Le Parti libéral du Canada (PLC) est condamné à mourir à petit feu s'il ne réussit pas à recueillir davantage d'argent auprès des gens ordinaires et à alléger ses structures de gouvernance « inutilement lourdes ».

Tel est le constat brutal que fait un groupe d'étude chargé de proposer aux dirigeants du PLC des moyens de renouveler le parti et de reconquérir le pouvoir un jour.

Dans un rapport interne de 35 pages obtenu par La Presse, les membres du Groupe d'étude du Ruban rouge affirment sans détour que le statu quo n'est pas « viable » pour le PLC, reconnu dans tout l'Occident comme la formation politique qui a obtenu le plus de succès électoraux au cours du dernier siècle.




Ce rapport, intitulé Un parti à l'image de tous, un parti à l'image de la victoire, recommande de redresser la barre au chapitre du financement et de l'organisation du parti.

Le rapport propose notamment de:

> solliciter davantage les petits donateurs
> créer une carte de membre nationale
> dégager les ailes provinciales du PLC des tâches administratives
> explorer l'idée d'élire éventuellement le chef du parti au suffrage universel.

Ce rapport au ton parfois alarmiste sera débattu par les militants libéraux au congrès national qui aura lieu à Montréal à la fin de novembre. C'est à l'occasion de ce congrès que le prochain chef du PLC sera élu par les délégués.

«Nous croyons fermement que le choix qui s'offre à nous est relativement simple: soit nous changeons, soit nous nous condamnons à ne pas être en mesure de gagner», écrit-on dans ce rapport.

Le président du PLC, Michael Eizenga, a confirmé à La Presse hier la véracité du document. «Oui, le constat est brutal. Mais il faut être réalistes. Nous avons beaucoup de travail à faire pour moderniser les structures de notre parti.»

Aux dernières élections, les libéraux ont été relégués aux banquettes de l'opposition après 13 années de pouvoir. Même s'il a réussi à faire élire 103 députés, le groupe d'étude estime que le PLC est dans une position précaire parce qu'il n'a pas réussi à s'ajuster aux nouvelles règles de financement. La situation est comparable à celle que les libéraux ont vécue en 1984 quand ils ont subi la plus grande défaite de leur histoire en remportant seulement 40 sièges aux Communes.

«Aujourd'hui, comme à l'époque, le Parti libéral se retrouve aux prises avec de graves problèmes financiers, une place d'opposition au Parlement et des défis organisationnels dont plusieurs ressemblent étrangement à ceux qui nous accablaient alors», affirme-t-on dans le rapport.


Réforme du financement


Pendant des années, le PLC a pu survivre en recueillant des sommes faramineuses auprès des grandes entreprises du pays. Il n'a jamais vraiment sollicité les petits donateurs, comme le Parti conservateur, qui a une culture de financement plus populiste qui lui rapporte de gros sous aujourd'hui. Mais une réforme du financement des partis politiques, entrée en vigueur en 2004 après l'éclatement du scandale des commandites, a complètement changé la donne en limitant les dons des entreprises et des syndicats à 1000 par année et les dons des individus à 5000.

Et en juin, le gouvernement Harper a de nouveau serré la vis en adoptant une loi interdisant carrément les dons des entreprises et des syndicats et limitant à 1000 les dons des individus.

Résultat: le PLC se retrouve dans la dèche même s'il reçoit, à l'instar des autres formations politiques, une subvention de l'État équivalant à 1,75 par vote obtenu au dernier scrutin depuis 2004.

«Soyons clairs: notre parti doit continuer à élaborer et à mettre en oeuvre une vigoureuse stratégie de financement, susceptible d'attirer les membres et les militants. Nous devons accroître le nombre de nos donateurs pour rivaliser avec celui des autres partis politiques, faute de quoi nous n'arriverons jamais à entreprendre le dur travail d'un parti politique moderne», soutient-on. À titre d'exemple, le Parti libéral a recueilli seulement 6,5 millions en dons en 2005, par rapport à près de 18 millions pour le Parti conservateur. Cette tendance s'est maintenue au premier trimestre de cette année. Le Parti conservateur a récolté 5,6 millions auprès de 37000 donateurs au cours des trois premiers mois de 2006, tandis que le PLC n'a reçu que 1,3 million de 6500 individus.


Attaque contre le PLC


Les dirigeants libéraux croient d'ailleurs dur comme fer que les conservateurs ont adopté une nouvelle loi sur le financement dans l'unique but d'acculer le PLC à la faillite.

«Les conservateurs affirment procéder ainsi pour des raisons de "responsabilité", mais les libéraux ne doivent se faire aucune illusion. Cette réforme n'est qu'une attaque dirigée droit au coeur politique de notre parti. Nous pouvons et nous devons réagir», affirme-t-on.

Un parti, un rapport

Le rapport Un parti à l'image de tous, un parti à l'image de la victoire a été envoyé hier soir aux présidents des 308 associations de circonscription ainsi qu'aux députés libéraux, propose des changements importants au fonctionnement du PLC.Ainsi, on recommande de:

> modifier la constitution du parti pour créer une carte de membre nationale. À l'heure actuelle, une personne qui veut devenir membre du PLC doit acheter une carte de l'aile provinciale. En lieu et place, toute personne qui adhérerait au PLC deviendrait automatiquement membre de l'association de circonscription et de l'aile provinciale de son lieu de résidence;

> imposer une cotisation nationale aux adhérents et affecter un pourcentage de cette cotisation au recouvrement des coûts;

> dégager les ailes provinciales des tâches administratives pour qu'elles puissent consacrer davantage de temps à l'élaboration de politiques;

> établir un comité permanent du parti voué exclusivement à l'élaboration des politiques et du programme du parti.

«Notre parti est un méli-mélo de cotisations, de procédures et de règles d'admissibilité, entre autres. Les associations provinciales et territoriales nagent littéralement dans une mer de formulaires, de bases de données, de listes, de demandes de renouvellement et de chèques.»


 

 

 

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