QUEBEC CANADA
Le jeudi 24 août 2006
![]() Le maire de Stanstead, Raymond Yates, a d'abord été sceptique quant à la culpabilité de Mme Palmer. |
CONDAMNÉE POUR TRAFIC
La douanière avait les poches pleines
La Presse
Les gens de la petite localité de Stanstead la voyaient comme une douanière stricte et sévère. Ils ont été étonnés d'apprendre que Rose Palmer était impliquée dans un trafic de drogue entre le Québec et le Vermont.
La semaine dernière, un juge de Burlington a condamné la Canadienne à trois ans de prison et trois années supplémentaires de liberté surveillée, pour un crime qu'elle a admis avoir commis.
Arrivée en Estrie vers la fin des années 90, Rose Palmer travaillait depuis environ quatre ans pour l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), au petit poste-frontière de Stanstead, niché au coeur même du village, collé au village américain de Derby Line.
À Stanstead, les gens traversent la frontière tous les jours, ou presque, et certains plusieurs fois. Pour aller faire le plein d'essence, pour aller au bureau de poste, pour faire des courses. Pour aller travailler même.
Rose Palmer ne faisait pas exception à la règle. Au détail près qu'elle passait avec elle quelques kilos de marijuana, camouflés dans sa voiture, et profitait de son statut de douanière, qui lui évitait d'être fouillée par ses collègues. Elle a réussi à faire transiter de cette façon plus de 100 kg de cannabis, en utilisant plusieurs postes-frontières.
Le trafic a continué jusqu'au 16 septembre 2004, jour où elle a été arrêtée au Vermont et accusée de complot et d'importation de drogue.
La nouvelle a ébranlé la petite communauté de 3100 habitants. "Comme tous les douaniers ici, tout le monde la connaissait un peu, raconte le maire Raymond Wates. Jamais je n'aurais pu imaginer que cette madame aurait pu être impliquée dans des choses pareilles. C'était une bonne personne. Elle fréquentait l'église."
de liberté surveillée, pour un crime qu'elle a admis avoir commis.
Arrivée en Estrie vers la fin des années 90, Rose Palmer travaillait depuis environ quatre ans pour l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), au petit poste-frontière de Stanstead, niché au coeur même du village, collé au village américain de Derby Line.
Détenue quelque temps, puis libérée sous caution, elle s'est par la suite faite discrète. Certains pensent même qu'elle a déménagé de la petite ferme où elle résidait dans Stanstead-Est. La femme de 53 ans est retournée devant la Cour fédérale américaine le 26 avril 2006, pour plaider coupable. Un de ses complices, Roger Goodsell, a lui aussi plaidé coupable et écopé de 30 jours de prison.
«Nous avons requis une sentence plus longue pour elle, parce qu'elle était employée de l'État, explique le substitut au procureur de la Couronne du Vermont, James Gelber. Pour nous, c'est très important. Il s'agit de la confiance du public envers l'État.»
Palmer a pris le chemin d'un pénitencier temporaire. Elle devrait être transférée dans une prison fédérale d'un autre État américain. À moins qu'elle ne soit extradée et détenue au Canada, en vertu d'une entente entre les deux voisins.
Au début de l'affaire, le maire Wates était sceptique quant à la culpabilité de Mme Palmer. «On m'avait dit qu'elle avait été menacée, forcée de le faire, souligne-t-il. Mais si la justice l'a reconnue coupable, qui suis-je pour en juger?»
Un de ses anciens collègues au poste-frontière, qui a souvent travaillé avec elle, se rappelle une femme qui travaillait bien, mais qui avait des problèmes personnels. «Ses deux garçons lui causaient bien des maux de tête. Un bout de temps, ils sont allés vivre avec leur père à Montréal. Ce n'était pas évident pour elle. Elle a fait aussi une faillite, soutient ce douanier, qui a requis l'anonymat. Les gens avec qui on travaille, on pense qu'on les connaît, mais on ne sait jamais vraiment. J'espère juste qu'elle ne m'en a pas passé sous le nez.»
À l'ASFC, on soutient que des enquêtes très scrupuleuses sont effectuées avant l'embauche de chaque employé. Vérification faite, Rose Palmer n'avait pas d'antécédents judiciaires. Avant de devenir douanière, elle avait travaillé à l'impôt pour Revenu Canada, a affirmé son ex-collègue.
Ce n'est pas la première fois au Canada que des douaniers sont impliqués dans le trafic de drogue. En mai 2004, Gary Graboski, douanier manitobain, avait été arrêté au poste-frontière de Pinecreek, où il travaillait, et accusé d'avoir tenté d'importer pour 200 000 de marijuana aux États-Unis.
En 1997, un douanier du poste-frontière d'Abercorn, en Estrie, avait été accusé de complot, dans une autre histoire de trafic. Il aurait été payé pour fermer les yeux au passage de convois de marchandises de contrebande.