Au procès de Cathy Matteau, cette gardienne d'enfants accusée de voies de fait graves sur deux bébés, un témoin expert est venu démolir la thèse de la défense. L'avocat de l'accusée laissait entendre, mardi, que les enfants auraient pu se blesser eux-mêmes.
Le témoin, un médecin de Sainte-Justine, a une tout autre opinion. Le docteur Dominique Marton, radiologiste, se spécialise des cas d'enfants maltraités.
Lorsqu'il a vu les radiographies des deux bébés, qui témoignaient de l'étendue de leurs blessures, il a conclu à une agression physique violente.
«Quand on voit des fractures vertébrales chez un jeune enfant de 10 mois, 11 mois, il n'y a pas d'autre chose possible qu'un enfant qui a été violenté», a-t-il déclaré.
L'un des bébés présentait six fractures linéaires le long de la colonne vertébrale. Des fractures qui ne sont possibles que si on cogne les fesses de l'enfant contre le sol de façon répétitive et violente.
L'enfant montrait aussi une importante fracture au crâne due, selon le médecin, au fait qu'il a été projeté brutalement contre une surface dure. Un bébé de cet âge est incapable de s'infliger de telles blessures, même en chutant de sa bassine sur le plancher.
Ce même enfant est incapable d'infliger à un autre des lésions de cette importance parce qu'il n'en a tout simplement pas la force. Seul un adulte peut faire autant de dommages. Des blessures si importantes qu'elles correspondent à celles que l'on retrouve chez les enfants qui chutent de l'équivalent d'un étage, selon le médecin.
Son témoignage a bouleversé la mère, qui assiste aux audiences. «C'est atroce. Je ne pense pas qu'un être humain est capable de faire ça à un enfant. C'est impossible.»
C'est vendredi qu'on connaîtra la version de l'accusée dans cette affaire, puisqu'elle a accepté de témoigner dans son procès.
En vidéo, voyez le reportage de Charles Faribault.