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QUEBEC CANADA

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vers la catastrophe

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«On s’en va tout droit vers la catastrophe!»

L’orthopédiste Raymond Hould espère une réorganisation du système

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 25 janvier 2007 à 18:02
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«On s’en va tout droit vers la catastrophe!»
Dr Raymond Hould
«On s’en va tout droit vers la catastrophe!»
L’orthopédiste Raymond Hould espère une réorganisation du système
C’est pour des raisons personnelles, mais aussi «politiques», admet-il, que le docteur Raymond Hould a rayé son nom de la liste des orthopédistes assurant le service de garde à l’urgence de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska. Une manière, pour lui, de manifester son ras-le-bol d’un système qu’il n’hésite pas à qualifier de «tout croche».
L’orthopédiste de 53 ans en a eu assez de la pression de plus en plus forte, des effets de la pénurie d’effectifs, de ce fâcheux sentiment que la garantie d’accès des patients aux soins s’érode dangereusement. Et il dissimule à peine son mécontentement à la suite des dernières négociations avec Québec.
De la chirurgie... à l’organisation
Bientôt, prédit-il, les orthopédistes seront moins nombreux qu’ils l’étaient en 1992, alors que les besoins sont de plus en plus grands. «On s’en va tout droit vers la catastrophe!», prédit-il.
Malgré l’iceberg qu’il voit se profiler à l’horizon, le docteur Hould n’abandonne pas le navire.

«J’ai toujours mené plusieurs passions de front. Après 26 ans de pratique à répondre aux appels de soir et de fin de semaine, j’ai décidé de troquer ma passion de la chirurgie contre celle de l’organisation.»

Maintenant orthopédiste «médico-administratif» dans un milieu hospitalier qu’il continue de chérir, le docteur Hould dispose maintenant de plus de temps pour travailler à l’aspect «administratif».

Outre les consultations qu’il continue d’offrir à la clinique externe de l’hôpital, il représente ses collègues à la Fédération des médecins spécialistes - il faisait partie du comité de négociations - et occupe, depuis peu, un siège au conseil d’administration du Centre de santé et de services sociaux d’Arthabaska-et-de-l’Érable.
S’organiser autrement
Il attend avec autant d’espérance que d’impatience l’implantation de cette clinique musculo-squelettique, un projet auquel il travaille depuis quatre ans.
Dans le document de présentation du projet rendu public l’an dernier, le docteur Hould parlait déjà de l’«inefficacité» de l’actuel système, de la trop lourde charge des orthopédistes, des longs délais d’attente pour des patients souffrant de maux de toutes sortes.

Il avait raconté l’histoire de cet homme de 58 ans s’étant blessé à l’épaule à la suite d’une chute et qui avait souffert le martyre durant huit mois avant de se faire diagnostiquer une rupture tendineuse. Il avait pourtant consulté quatre omnipraticiens et avait erré d’une urgence à l’autre.

«Avec la pénurie d’orthopédistes et la difficulté de trouver un médecin de famille, on n’aura pas le choix de s’organiser autrement», affirme le chirurgien.
Pénurie d’orthopédistes
Actuellement, précise-t-il, le Québec compte 261 orthopédistes dans les 61 établissements. «Le plan d’effectifs du ministère nous autoriserait à en avoir 290 en 2007.»
Mais dans sa «grande sagesse», ironise le docteur Hould, le ministère ne tient pas compte de la «réalité des pratiques». «Quand on a plus de 65 ans, on ne pratique pas comme à 40 ans. Or, 20% des orthopédistes sont âgés de plus de 65 ans. À la Fédération, on a calculé qu’il nous faudrait au moins 98 nouveaux orthopédistes pour remplacer ceux qui ont plus de 65 ans.» Et encore, les jeunes médecins ne pratiquent plus comme leurs prédécesseurs, observe le docteur Hould, acceptant de sacrifier leur vie de famille.

Mais même si le ministère partageait le point de vue de la Fédération, encore faudrait-il pouvoir les recruter ces nouveaux orthopédistes!

«Des neuf finissants qui sortiront cette année, on sait d’avance qu’un s’en va en orthopédie générale à Amos. Les huit autres vont poursuivre leurs études pour se surspécialiser (chirurgie de la main, du pied, par exemple). Et où iront ces surspécialistes? Certainement pas dans des centres hospitaliers régionaux!»

Il n’y a pas que dans les centres hospitaliers des régions où il faut faire autrement, poursuit le chirurgien.

Il note qu’à Montréal quatorze orthopédistes montent la garde pour les services d’urgence. Combien à Paris, ville deux fois plus populeuse? «Quatre seulement!»

La clinique multidisciplinaire constituerait un de ces moyens de «faire autrement».
Une clinique, un moyen
Pour un mal de dos, de hanche ou de genou, les patients pourraient s’y présenter directement et rencontrer l’infirmière ou le médecin ou le physiothérapeute de la clinique, explique Dr Hould. «Un physiothérapeute est tout à fait capable de savoir si ce mal d’épaule provient d’une déchirure ou d’un étirement du tendon. Il y aurait un premier filtre compétent pour soulager les orthopédistes.»

Actuellement, beaucoup de patients se retrouvent inutilement à l’urgence parce qu’ils n’ont pas de médecin de famille… Et ce sont à ces urgences, qui n’en sont pas toujours, que les orthopédistes de garde doivent répondre.
 
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